07 avril 2008
Le rio de Paraguacu
REMONTEE
DU RIO DE PARAGUACU du 7au 11 mars
Ce matin mon ordinateur nous
a lâché: disque dur, HS!
Nous avons perdu un certain
nombre de données mais heureusement les plus importantes étaient sur celui de
Jean Louis ou sauvegardées.
Avant de partir pour la
Guyane, il va falloir réinstaller maxsea sur le vieux PC au cas où celui-ci
nous lâcherait aussi et… ce n’est pas le plus simple!
Nous partons en fin de
matinée pour la région du Paraguaçu après avoir retracer notre route.
Nous devons suivre avec
précision les waypoints car les profondeurs changent, il ya des bancs de sable,
des cailloux isolés ou des avancées rocheuses dans le rio.
La remontée se fait sur une
trentaine de milles depuis Salvador et la nav est sympa, nous sommes en vent
arrière et le courant est avec nous.
Le Rio est très vert mais la végétation
est moins dense que dans le sud car ici les brésiliens déboisent pour cultiver
la terre.
La pratique du brulis et le
ravinement provoqué par les pluies n’apportent pas l’effet escompté.et laisse parfois
un paysage de collines pelées.
Sur les berges, de jolies
petites plages de sable claire alternent avec les mangroves ou quelques
falaises aux couleurs orangées .
Nous passons devant les ruines
de l’ancien couvent de Sao Francisco do Paraguaçu du XVII°,
En fin d’après midi, nous
arrivons à Maragogipe et mouillons
devant la grande jetée parmi quelques voiliers.
Le lendemain matin le paysage
a totalement changé avec la marée basse !
Une large étendue de vase
nous sépare de la terre.
Nous partons de bonne heure,
aussitôt après la vacation avec Anton pour Maragojipe.
La marée basse nous oblige à
laisser l’annexe au bout du débarcadère avec les autres bateaux, pirogues et navettes
et nous continuons à pied.
Vue l’étendue de vase nous
comprenons la longueur du ponton.
Le marché de Maragojipe a
lieu tous les samedis.
Les gens arrivent de loin, en
bus, en camion, en charrette, à cheval en pirogue pour faire leurs courses et
souvent celle de tout leur village.
C’est «La»sortie hebdomadaire,
ils vont à la «ville»
Le marché est superbe, il
regorge de fruits et de légumes.
Les gens sont accueillants, gais, ils veulent nous faire gouter les fruits, plaisantent, se prêtent aux photos.
Il règne une super activité,
bruits, cris, couleurs odeurs, tout se mélange.
C’est un marché local,
authentique sans touriste.
Deux enfants nous proposent de porter nos fruits et
légumes dans leur brouette.
Le marché est loin de l’embarcadère, 2km) et plein de jeunes gens transportent avec leur brouette pour quelques réals les provisions jusqu’aux pirogues.
IPM£c; f
Tous lesen v
i
En ville aussi, il règne la même hyper activité.
Les gauchos chapeautés, en tongues mais éperons au
chevilles viennent «garer» leur petit cheval devant les super marchés, les
pharmacies…
Chevaux, mules, buffles, brouettes attendent patiemment leur chargement sur le trottoir.
Nous nous arrêtons manger dans une gargote
locale…pardon! Au «Restaurant de Rei da Fejaoda»un plat du jour au Sirri
(crabe) et des cuisses de poulets grillées...délicieux!
Plus local n’existe pas et toujours la même gentillesse! Adresse à retenir!
Nous partons dans l’après midi pour Santiago de Iguape.
Le rio du Paraguacu n’est plus cartographié mais Luc
notre ami sur Xiloa nous a donné tous les Waypoints qu’il avait relevés l’an
dernier et nous les suivons avec précision sur maxsea. ..
L’église de Santiago d’Iguape qui apparaît au détour
d’un virage est surprenante au bord du Rio!
Santiago d’Iguapé est un village de pêcheurs très
isolé.
Les habitants vivent de leur pêche, principalement des
fruits de mer, des huitres, des coquillages, des moules et des crabes.
Nous mouillons devant l’église et assistons tranquillement
aux scènes de la vie quotidienne du village :
Les départs à la pêche, les baignades et les jeux des enfants, les bains des chevaux, les allers et venues des pirogues, leur seul moyen de locomotion, la messe du dimanche et ses chants…
Le bord de l’eau, devant l’église est apparemment un
lieu de vie et de rencontre très animé du village.
Nous faisons la connaissance d’Emmanuelle et Jean
Pierre, deux français qui vivent là et tiennent une poussada.
Nous partageons
un moment avec eux avant de faire un tour dans le village et de manger chez
Anna dans une petite gargote locale.
Lundi 10Mars.
Nous quittons très tôt ce matin Santiago d’Iguape pour
profiter du courant de la marée descendante.
Le village s’anime déjà et les pirogues partent à la
pêche. La luminosité est très belle ce matin.
Nous faisons une halte à Itaparika car la coque du
bateau a besoin d’un bon nettoyage avant de remonter en Guyane.
La météo semble être favorable pour le début de la
semaine prochaine, nous remontons donc mercredi sur Salvador pour finir de
préparer le bateau et faire nos papiers de sortie.
Surprise en arrivant à Salvador, « Lina »
est au ponton de la Marina.
Nous avons connu Sylvia et Georgey l’an dernier aux
Iles Bijagos. Ils étaient en Casamance et viennent de faire la traversée
Quelle joie de retrouver nos deux amis et de partager
ces derniers jours avec eux.
Remontée vers la Guyane
REMONTEE DE SALVADOR VERS LA GUYANE
DU 16 MARS AU 1°AVRIL
Nous commençons aujourd’hui notre remontée de Salvador
jusqu’en Guyane, tout en longeant les côtes Brésiliennes. Nous ne pensons pas
nous arrêter sauf si la météo nous y contraint.
Nous avons environ 1800 miles
Nous espérons faire ce trajet en un peu moins de trois semaines.
Dimanche 16 mars.
Nous sommes levés depuis 6h,
et après une bonne douche et un bon petit déjeuner, nous sommes prêts à partir.
Sylvia et Georgey se sont levés
pour nous dire au revoir et larguer nos amarres.
Les adieux sont toujours
difficiles, nous nous éloignons de la marina le cœur serré et regardons nos
amis restés sur le ponton, nous saluer jusqu’à ce que nous disparaissions.
Nous espérons bien nous
retrouver aux Antilles à la prochaine saison!
Après avoir fait le plein de
gasoil, nous quittons Salvador sous des trombes d’eau: c’est le comble! Il na
pas plu ici depuis trois semaines!
Nous optimisons et en
profitons pour lessiver Maroine car nous n’avions plus d’eau au ponton depuis
deux jours!
Nous partons donc avec un
bateau propre et bien rincer!(nous aussi, avec ce qui tombe!!!)
La pluie s’intensifie en
sortant de la baie, un rideau de pluie se dresse devant nous, et nous n’avons
plus de visibilité, la mer devient mauvaise avec une forte houle.
Nous n’avons pas beaucoup de
vent et remontons au pré serré, la nav assez… inconfortable!
Hé bé! Ca commence bien!!!
Lundi 17 mars.
Cette nuit nous avons eu beaucoup
de grains de 30/40 nds, avec des pointes à 50, qui heureusement, ne durent pas
trop longtemps.
Nous croisons quelques cargos
et rencontrons beaucoup de pécheurs.
Séquence Frisson :
Pendant mon quart, un d’entre
eux m’intrique car il n’a qu’un feu blanc et j’ai du mal à définir où il va.
Alors que je l’observe, un bateau
fantôme sans aucun feu, apparaît subitement dans la lumière de la lune entre
lui et nous. Il est à 50m sur bâbord et
se dirige droit sur Maroine!
Je hurle pour réveiller le
capitaine et prends la barre. Nous sommes au pré serré et j’ai peu de marge de
manœuvre à la voile, j’allume un moteur.
A l’intonation de mon cri, Jean
Louis a toute suite compris qu’il se passait quelque chose de sérieux et d’urgent.
Il surgit sur le pont en tenue d’Adam et découvre le bateau avec lequel nous
sommes presque bord à bord!
Le bateau nous aperçoit
enfin, allume un néon sur le pont, et nous virons de bord tous les deux en évitant
de justesse la collision! Ouf!
Les petits bateaux de pêche
en bois comme lui naviguent parfois sans feux pour économiser leur énergie mais
restent généralement attentifs, nous repèrent ou se font connaître quand ils
nous aperçoivent.
Ne nous avait il pas vu?
Était-il occupé à pêcher?
Je ne saurai jamais mais nous
sommes passés prés!(dans les deux sens du terme!).
Nous avons toujours beaucoup
de houle, la mer est forte toute la journée et les grains se succèdent.
Même si nous avons un plus de
vent, nous maintenons difficilement les 5nds et nous sommes toujours au pré
serré!
La nav est pénible,
fatigante, le bateau bouge beaucoup.
J’ai du mal à m’amariner, pourvu
que ce ne soit pas comme ça pendant quinze jours…et que mon estomac se calme!
Deux belles bonites au
tableau de pêche mais les filets se retrouvent direct, au frigo car je ne me
sens pas l’âme d’une cuisinière encore aujourd’hui !
N°II
Mardi 18mars
La nuit a été encore pénible
avec des grains et une mer agitée. Nous prenons deux ris dans la grand voile et
deux ris dans le génois par prudence car les rafales sont fortes.
Ces conditions sont fatigantes
car il faut faire beaucoup de manœuvres, corriger sans cesse les réglages, et
Jean Louis n’arrête pas. Nous avons du mal à trouver notre rythme. La fatigue
se fait sentir.
Dans la journée, alternance
de pluie et de soleil mais le vent ne veut toujours pas tourner.
Dans l’après midi la mer se
calme, mais le vent est toujours mal orienté, trop au nord, nous avançons moins
vite que prévu.
Deux autres bonites! Les
cannes sifflent en même temps et nous remontons chacun la notre!
Mon estomac va mieux, il faut
que j’assure en cuisine, pour le capitaine.
Thon poêlé au soja accompagné
d’aubergines pour ce soir et rillettes de thon pour les nav à venir ou les petits
creux.
Mercredi 19 mars.
Nuit un peu plus calme malgré
quelques grains.
Nous avons trouvé notre
rythme pour les quarts, toutes les 2H30.
Au matin, plus de vent et
nous passons la journée au moteur.
Belle nav sous voile dans l’après
midi jusqu’en soirée ou le vent se lève de nouveau et la mer redevient agitée.
Au milieu du diner, un cargo
nous arrive droit dessus par l’arrière.
Comme il ne semble pas nous avoir vus ou vouloir dévier sa route, nous
nous signalons par VHF. Il nous fait une réponse en anglais dont nous n’avons
pas saisi tout le sens mais nous le voyons avec soulagement virer à tribord et
nous dépasser rapidement. Ouf !!
Nous pouvons terminer notre
repas sans autre inquiétude!
Jeudi 20 mars.
Beaucoup de grains dans la
nuit.
Mer forte, nous sommes
toujours au pré serré, l’océan est triste, il pleut beaucoup. Le vent change
sans arrêt de sens et oblige Jean louis à modifier l’allure en permanence.
Nous sommes au large de
Récife.
Le temps s’éclaircît dans
l’après midi, le bateau trouve son rythme même si la mer reste agitée.
Calme plat pour le premier
quart, peu de vent mais il est un peu mieux orienté et nous avons le courant
avec nous. Nous avançons tranquillement à 4 nds, Aurons nous la chance de
passer une nuit tranquille?
Vendredi 21mars.
Nuit calme, nous mettons même
un moteur vers minuit car il n’y a plus suffisamment de vent.
Le vent reprend au lever du jour
et il est mieux orienté.
Nous naviguons sous Grand voile
et geeneker, le bateau glisse sur l’eau sans a coup et sans bruit.
Il fait beau le soleil est
revenu, le ciel est dégagé, plus de grain à l’horizon. Nous nous installons à
l’avant du bateau pour bouquiner.
Journée super agréable!
Voilà comment j’aime la
voile !
N°III
Samedi et
Dimanche 22/23 mars.
Hier soir, la retenue de bôme, sur un coup de vent a
arraché le levier d'embrayage et de vitesse du moteur bâbord.
C'est la tuile, nous sommes très embêtés car nous
n'avons plus qu'un moteur d'utilisable avec tout ce que ça entraine: moitié
moins de gasoil pour la remontée et surtout des difficultés en prévision pour
manoeuvrer dans les ports et sur les fleuves en Guyane où il ya beaucoup de
courant.
Maroine n'est pas très manœuvrable avec un seul
moteur. Notre voyage en Guyane semble compromis.
Jean Louis a tout démonté ce matin, l'axe est cassé à
l'intérieur.
Il l'a modifié, transformé avec des boulons et des
visses, adapté et ce soir, ça marche! On peut de nouveau utiliser le moteur.
Il faudra ménager le levier mais on peut aller en
Guyane! Ouf!
Heureusement qu'il est bricoleur mon Capitaine!
En tout cas je crois que l'atelier de "Super
Bricoleur" va voir arriver un paquet de boulons, de visses et autres
pièces diverses.
"On a toujours besoin d'une "Boite à
merdes" bien garnie sur son bateau" nous dira Anton.
Nous avons depuis deux jours des vents corrects,
changeants, pas très forts mais nous faisons environ 5 nds de moyenne.
Dimanche, vent de travers puis Grand Largue toute
l'après midi sur une mer très calme: la nav est agréable.
Lundi 24
mars
Cette nuit, il a beaucoup plu, le ciel est gris et les
grains continuent.
Apres un peu de moteur, nous sommes de nouveau sous
voile mais le vent n'est pas fort, instable et reste nord..il ne veut pas
tourner!
Nous avons un houle d'1M50 à peu pres mais elle n'est
pas genante car très longue.
La météo nous annonçait depuis hier une houle de 2 M
Depuis que nous sommes partis les prévisions météo ne
correspondent pas vraiment avec ce que nous avons en réalité, surtout en ce qui
concerne la direction du vent.
Nous avons pêché encore hier soir, à la tombée du jour
deux belles bonites! C'est parfait, nous avions épuisé les stocks.
Je cuisine un peu maintenant que j'ai le pied marin!
Il faut bien nourrir le Capitaine! Ce vent instable
l'oblige à modifier souvent ses réglages de voiles et il n'arrête pas!
Au menu tous les jours à midi, Carpaccio de thon.
Au
diner: thon poêlé sauce soja, balsamique, ou citron...et rillettes de thon pour
les encas ou les jours de nav plus agités ...
On ne se lasse pas encore!(même
si le Capitaine aimerait bien pêcher une entrecôte de temps en temps!)
On se surprend parfois à penser à un bon fromage ou à
un bon jambon de pays!...
On a trouvé notre rythme..même si les quarts sont
toujours durs, surtout pour sortir du lit toutes les 2h et demi!
Mardi 25
mars
Nous avons enfin trouvé du vent N.E. soutenu et
régulier, ce qui nous permet d'avancer correctement (6/7 Nds).
La mer est forte avec une houle de 2M/2M50,
heureusement un peu longue. Nous nous faisons secouer toute la journée, mais
les miles défilent.
N°IV
Mercredi 26 mars.
Le vent s’est établi entre
20 /25 nds, un peu plus régulier malgré quelques coups de vent mais nous
n’avons presque plus de grains.
La mer reste très agitée.
Nous sommes toujours dans le
poteau noir.
Jeudi 27
mars.
Nous passons
l’équateur cette nuit à 2H 10.
Cette fois, nous n’avons ni le soleil ni la mer d’huile que nous avions
eu lors de notre traversée de l’Atlantique
en passant l’équateur !
Douzième jour, le ciel est gris et plombé, la houle
s’est intensifiée, 2M50 et plus, la mer est très forte.
Nous nous faisons secouer, la nav au pré est
difficile.
Ce soir nous avons fait 1200 miles
Vendredi 28 mars.
Même tableau, temps gris, mer
très forte et ça déménage dans le bateau. Nous avons perfectionné les calages
de vaisselle, de bocaux, des panières…
On est en rappel en permanence, le moindre mouvement est difficile,
on se cramponne !
En dehors des manœuvres on
reste allongés sur les banquettes du carré : on lit (quand on peut !),
on fait des projets, on somnole…de toute façon on ne peut rien faire d’autre.
Le vent de NE établi autour
de 25/30 nds monte dans l’après midi et s’installe autour de30/35 nds, avec des
pointes en soirée et dans la nuit à 40 voir 45 /50nds.
Le bateau avance bien, 7/8
nds mais la mer est forte et il travaille beaucoup.
Il craque, il grince. Il
souffre… mais nous aussi !
Nous préférons prendre un
troisième ris par prudence et ralentir
le bateau à 5 nds pour le bien de tout le monde, du matériel comme de nous.
Le vent et la mer reste à
l’identique toute la nuit.
La météo nous prévoyait des
vents de 15 nsd aujourd’hui et hier. Bravo!
Nous sommes encore dans le
poteau noir ! C’est peut être ça !
Normalement, la partie la
plus dure devait être de Salvador à Récife voir jusqu’à Natal.
-« Apres c’est du
billard ! » m’a ton dit, « avec du courant et des vents
portants. »
Tout faux !!! ou…pas de
chance !
Samedi 29
mars.
Ce matin, la mer est toujours très agitée et le vent tourne autour de 30 nds.
Nous relâchons un ris dans la matinée pour reprendre
un peu de vitesse.
Jean louis ramasse les poissons volants qui ont échoué
cette nuit sur Maroine. Des thons sautent dans les vagues, une chasse surement.
Je fais du pain et des yaourts mais je ne m’attarde
pas en cuisine.
Même si le
soleil est revenu, la nav dans ces conditions là est pénible, sans intérêt et sans charme.
Le moindre mouvement est difficile et nous commençons
à en avoir un peu marre. Il nous tarde d’arriver !
A 23h nous avions fait 1500 miles
N°V
Dimanche 30
mars.
Même chanson aujourd’hui, le temps est gris et la mer toujours très agitée.
Nous avons toujours 30/35nds de vent et malgré les
2ris pris dans la grand voile et le génois, nous avançons à 6nds.
Dans l’après midi le vent forcit nous atteignons 8 nds voir 9 nœuds le bateau travaille et encaisse
beaucoup. Nous aussi !
Nous prenons un troisième ris pour ralentir le bateau
et le soulager…et nous soulager aussi!
Le bateau avance moins vite mais la nav reste toujours
aussi inconfortable et pénible.
Lundi 31
mars.
Mer est toujours agitée mais un peu moins cassante.
Malgré une forte houle la nav est plus agréable car
nous sommes au portant, le bateau est plus en accord avec les vagues et il
avance bien.
Nous apprécions le soleil qui est de retour et
profitons du cockpit qui retrouve son
charme: un peu de soleil et ça change tout.
Au programme : lecture et farniente. Seule une
bonite de 5kg viendra nous perturber en fin d’après midi !
Mais nous allons trop vite !
A ce rythme là,
nous arriverons dans la nuit à la bouée
d’atterrissage du chenal d’entrée en Guyane.
Même s’il est bien balisé, le chenal est étroit et nous préférons le prendre de jour.
Nous diminuons notre vitesse pour y arriver au lever
du jour.
C’est un comble, maintenant que nous avons le vent
qu’il faut, bien orienté et un fort courant en notre faveur, il nous faut
ralentir le bateau !
Nous rentrons la Grand voile et naviguons avec un
petit bout de génois pour ne pas dépasser les 4nds.
Le bateau est difficilement manœuvrable sans voile. On
dirait une coquille de noix sur l’eau. Nous sommes balancés, roulés d’un côté
de l’autre toute la nuit.
Mardi 1°
avril.
Nous arrivons en approche des bouées d’atterrissage au
lever du jour un peu avant 6H.
Nous prenons le chenal d’accès au port à6H50 et
nous avons la chance trouver une place
dans la petite marina « rustique » de Dégrade des cannes.
L’amarrage au ponton est délicat et se glisser entre
les bateaux n’est pas une petite affaire mais nous trouvons de l’aide auprès d’un voilier et des pêcheurs.
9h nous coupons les moteurs et nous installons.
Le bateau ne bouge plus !
08 avril 2008
Quelques jours en Guyane
QUELQUES JOURS EN GUYANE.
du 1°au 8 avril.
Nous nous installons à la Marina de Dégrad des Cannes qui n’est pas très grande et peut accepter une vingtaine de bateaux sur ses deux pontons.
Elle n’est pas très reluisante, elle est isolée de tout, sans aucun moyen de transport et nous sommes à 5km au moins du premier village.
Notre bateau voisin nous accueille d’ailleurs avec un "bienvenue dans le trou du cul du monde!"
Par moment elle fait penser à un cimetière à bateaux.
La plupart d'entre eux sont scotchés là, certains dans un état de délabrement avancé…
Maroine dénote au milieu de tout ca et surprend avec sa coque blanche et brillante!
Certains sont habités à l'année par des gens qui travaillent à Cayenne, deux d’entre eux ont installé leur machine à laver et leur frigo sur les pontons, d’autres attendent le retour de leur propriétaire partis en métropole ou ailleurs, d'autres encore sont de vraies épaves, abandonnés depuis des mois,...
Il y a quelques bateaux de voyage comme nous mais peu.
Nous sommes à touche-touche avec des bateaux de pécheurs, plus ou moins clandestins mais tolérés dans la marina!!!
Ca donne quelque chose de très hétéroclite…c’est spécial !
Mais l'ambiance est familiale et nous sympathisons rapidement avec deux, trois bateaux.
Nous louons une voiture car c’est le seul moyen de se déplacer et nous faisons connaissance avec Cayenne.
C’est vite fait, Il n'y a pas grand chose à faire ni à voir en Guyane.
Nous sommes tentés par une remontée en Pirogue du Maroni de 4/5 jours mais les agences demandent non seulement des prix exorbitants mais les dates des ballades sont fixes et ils ne partent pas à moins de 8 personnes.
Les agences ne font pas beaucoup d’effort et nous préférons nous débrouiller seuls.
Nous partons trois jours et traversons le littoral d’est en ouest jusqu’à St Laurent du Maroni.
Mais nous abandonnons l’idée de cette balade en pirogue car ce que nous proposent les locaux pour la journée nous semble inintéressant et un peu
« piège à touriste ».
Deux sites ont eu notre préférence pendant ce court séjour :
La plages des Hattes et le marais de Kaw .
Nous partons pour Awala-Yalimapo , village amérindien, et passons la nuit dans un carbet chez Judith et Denis.
Nous nous levons à deux heures du matin pour assister à la ponte des tortues sur la plage des Hattes.
A Awala-yalimapo la plage des Hattes est mondialement connue pour ses rassemblements de tortues marines.
Nous restons plusieurs heures sur la plage à regarder ces énormes tortues Luth qui mesurent 1m60 et peuvent peser jusqu’a 600kg.
Nous verrons pondre aussi deux tortues vertes elles plus petites.
Le spectacle est extraordinaire.
Après un détour par St Laurent du Maroni, nous décidons de visiter le lendemain le marais de Kaw.
Le village de Kaw est entièrement entouré d’un marais et d’une savane flottante et nous ne pouvons y accéder qu’en bateau.
Nous contactons Laurent du « Centre d’Initiation à la forêt » qui nous propose une ballade en pirogue le lendemain de 14h à 22h afin de découvrir avec lui toute la faune et la flore du marais.
Nous sommes un petit groupe de 8 personnes, et descendons toute l’après midi la rivière Kaw.
Des buffles vivent dans cette savane flottante ainsi qu’une multitude d’oiseaux, jacanas, hérons, aigrettes, grand échassiers…
Laurent nous explique avec passion toute cette vie du marais.
Nous descendons la rivière sur 50km, le paysage change et les berges sont faites maintenant de mangroves et de palétuviers dans lesquelles nous pouvons observer les singes hurleurs, les perroquets et les toucans.
En fin d’après midi, nous avons atteint l’estuaire du Kaw et nous assistons aux nombreux envols des ibis rouges accompagnés d’un ti-punch surprise bien sympathique.
Après ce spectacle nous remontons la rivière de nuit.
C’est assez magique d’écouter les bruits et les cris de la forêt et d’avancer dans le marais à la recherche des Caîmans.
Laurent en attrape plusieurs heureusement aveuglés par sa lampe.
Ballade plus que sympathique ou Laurent nous communique sa connaissance et sa passion pour ce marais et sa faune.
Après ces deux ballades, nous n’avons pas envie de nous attarder à Cayenne.
Il n’ya pas grand-chose de plus à faire et tout est très cher.
Les gens sont tristes, un peu fades. Ca nous change du Brésil.
Les chinois détiennent tous les commerces et ne sont pas très agréables.
Les mongs cultivent fruits et légumes.
Les autres ne font rien ou pas grand-chose. Les gens sont assistés au maximum, rmistes, subventionnés(…), mais le parc automobile des Guyanais et fourni en de 4X4 flambants neufs.
Dans le port plusieurs dizaines de bateaux de pêche neufs fournis par la France sont à l’abandon…
Les guichets de la poste sont inaccessibles les premiers jours du mois car tout le monde vient chercher allocations familiales et Assedic.
La police et les militaires sont partout car les tensions sont nombreuses avec les orpailleurs et les clandestins mais nous ne sentons pas d’insécurité.
Nous décidons d’écourter notre séjour et de partir mercredi, un ou deux jours sur les Iles du Salut à quelques heures d’ci.
Nous pensons faire ensuite une dernière escale à Tobago que nous devrions atteindre après cinq jours de mer.
Avant d’arriver à Trinidad, une petite escale de 8/10 jrs sur Tobago nous tente bien.
Ses belles plages et ses eaux bleues annoncent déjà les Antilles !
22 avril 2008
Les Iles du Salut et la remontee vers Tobago
LES ILES DU SALUT ET LA REMONTEE VERS TOBAGO
Derniers jours en Guyane.
Séquence:Panique à bord.
Lundi notre voisin vient ouvrir son bateau, celui avec lequel nous sommes à couple et nous annonce qu’il est envahi de cafards depuis plusieurs mois et qu’il n’arrive pas à s’en débarrasser.
Charmant!
Panique, je boucle tous les hublots mitoyens, mais c’est trop tard.
Ces sales bestioles volent et se sont installées en quelques jours sur Maroine.
Elles se mettent partout, mais surtout dans le carré près de la cuisine…
Branle bas de combat, javel, bombe, pièges, poisons...
Nous les écrasons dés que nous en voyons un.
«tu peux les écraser, mais il faut javelliser derrière car il reste leurs oeufs.. » me dit Céline d’un bat’ami « Eloane ».
Génial, de mieux en mieux!
Nous les surprenons la nuit avec les torches et en tuons une dizaine par jour. C’est la guerre.
Pour me rassurer Céline rajoute:"… tu sais, on dit que si t'en vois un, c’est qu'y en a dix, si t'en vois dix, c’est qu’ y en a 100!"
Super!!!
Je sais que c'est idiot, nous allons les avoir, nous avons employé les grands moyens, mais… ça m'obsède…
…et je suis ravie de partir de cette marina et de cette eau crade!
Comment des gens peuvent vivre là dedans toute l'année?
Mardi et mercredi il se met à pleuvoir de plus en plus, la saison des pluies commence, il est temps de reprendre la mer.
Nous nous faisons quand même plaisir avant de partir avec une petite soirée resto, entrecôte sauce au poivre et crème brulée au menu, le tout arrosé d’une bouteille de Champigny.
Le frigo se remplit de quelques produits bien français comme d’un saucisson, du jambon de pays, de fromages et d’un …vrai…Camembert!
La note est salée au super marché ! Tout est horriblement cher ici!
Ca change du Brésil.
Nous quittons donc jeudi matin la marina de Dégrades de Cannes pour les Iles du Salut et reprenons le chenal.
Céline et Alain d’Eloane viennent larguer nos amarres, nous les retrouverons aux Antilles à la prochaine saison.
Nous arrivons dans l’après midi après six heures de nav au moteur et mouillons devant l’île Royale.
Il fait beau, l’eau n’est plus marron comme les plages et les fleuves de Guyane mais ce n’est pas encore ça, la mer n’est pas engageante et ne donne pas envie de se baigner.
Nous descendons visiter l‘île Royale avec Marcel et Martine qui naviguent avec nous depuis ce matin sur « Mimosa ».
Son cimetitère
Les iles du Salut dépendent toujours de la Guyane et sont composées de trois îles :
L’ile Royale, l’île du Diable et l’ile St Joseph où se trouve les ruines du célèbre bagne de Cayenne.
Les trois iles par contre sont très belles et recouvertes d’une végétation luxuriante avec de nombreux cocotiers.
Une barrière naturelle de rochers et de très forts courants marins les entourent, ce qui rendait impossible toute tentative d’évasion pour les bagnards.
L’ile du Diable est inaccessible en bateau et c’est sur elle qu’étaient envoyés les prisonniers condamnés à l’isolement total.
Sur St joseph, il ne reste que des ruines de cachots, étouffées, envahies par les arbres et les racines mais qui nous parlent encore de la souffrance de tous ces hommes, parfois innocents, qui furent enfermés ici.
Devant ces ruines de cellules il est difficile d’oublier la sinistre histoire de cette île où beaucoup d’hommes comme Drefus et Seznec ont vécu les pires heures de leur existence.
Ces iles sont vraiment chargées d’histoire et me donnent envie de relire Papillon même si son histoire est très romancée.
Ses occupants aujourd’hui.
Vendredi 12 avril.
Ce matin nous reprenons la mer pour l’île de Tobago que nous devrions atteindre après cinq jours de mer.
Peu de vent en partant, nous restons au moteur toute la matinée sur une mer calme.
Les cannes sifflent et nous faisons coup sur coup une bonite et deux carangues. Stop le frigo est plein!
Les lignes sont mises au repos.
Le vent se lève dans l’après midi, 20/25 Nds, la houle aussi, mais la nav reste agréable.
Maroine file à 9 Nds de moyenne
Le vent forcit dans la soirée 30/35 Nds, la houle s’intensifie, la mer est très agitée.
La visibilité est mauvaise, les bateaux de pêches et leurs filets sont difficiles à identifier et Jean Louis en évite un de justesse, à la dernière minute.
Pendant un de ses quarts de nuit, il reste deux heures sous le même grain
«merdique» sans pouvoir en sortir.
Samedi et dimanche, le vent reste autour de 25/30 Nds toute la journée et passe à 30/35 Nds la nuit.
La mer est en permanence très forte.
Nous avons pris deux ris jour et nuit pour ralentir un peu le bateau car nous nous faisons beaucoup secouer.
Maroine avance à 8/9nds malgré un fort courant contraire de 2 à3 Nds (le speedo affiche lui 10/12 Nds).
Nous devrions l’avoir théoriquement portant, à cette époque de l’année!
Nous avons parcouru Dimanche soir 190 miles en 24H!
Cette nav est différente de la remontée de Salvador, nous avons cette fois des vents forts mais réguliers et bien orientés.
Nous sommes au portant et le bateau avance vite mais la houle reste très forte et la nav n’est pas agréable.
Nous ne pouvons rien faire, le bateau bouge, cogne, et nous nous faisons beaucoup secouer.
C’est pénible car c’est sans discontinuité, jour et nuit.
Dimanche, dans la journée nous prenons plusieurs mauvaises vagues.
Une en particulier, au repas de midi, nous prend de travers, soulève et frappe avec une telle violence la coque tribord, que tout déménage malgré les antidérapants et les calages.
Les verres, les assiettes sur la table, la bouteille, la casserole, la cafetière tous se renverse ou vole.
Même la bibliothèque de notre cabine se vide d’une partie de ses livres.
Le coup est si violent que le frigo sort de son meuble, projeté en avant.
Heureusement que la cuisine est en U et que le meuble d’en face l’arrête, sinon il traversait le carré et tous les tuyaux s’arrachaient.
Nous avons du mal à faire rentrer le frigo dans son logement car la mer n’a pas daigné faire une pause et se calmer!
Il glisse et nous sommes obligés de le caler avec des morceaux de bois en attendant de pouvoir le visser plus solidement au meuble, un peu plus tard.
Positivons!
Pas dégâts sur le frigo, pas de casse, juste une belle rayure sur le plancher et un bonne séance de nettoyage pour ramasser le café, les pates, la marinade de poisson et la crème solaire, et j’en passe…qui ont volé un peu partout!
Il nous tarde d’arriver à Tobago et de nous poser quelques jours dans une crique tranquille où le bateau ne bougerait plus.
Nous sommes fatigués, nous en avons un peu marre.
Faut dire que les nav,…on sature un peu!
Depuis fin février, depuis la remontée d’Ilha Grande, nous avons parcouru un paquet de miles… et pas souvent dans de bonnes conditions.
Et puis, sans le vouloir vraiment… ça sent un peu la fin de notre saison.
La seule consolation, puisqu’il faut toujours positiver, c’est que nous allons faire le trajet en 4jrs et 3 nuits au lieu de 5jrs et 4nuits comme prévu.
Un jour et une nuit de gagner!
Lundi, même histoire, la mer reste très agitée et le vent autour de 25 Nds. Nous ne gardons qu’un ris pour maintenir une vitesse de 7nds car il nous faut arriver avant la nuit à Tobago.
C’est juste et c’est un peu la course.
Jean louis cherche des configurations de voiles pour avancer plus vite.
Dans l’après midi le vent passe un peu plus vent arrière et nous sortons le geeneker.
Nous finissons aux approches de Tobago avec grand voile et génois en ciseaux,
La nav est plus confortable.
Nous arrivons juste à temps, le soleil commence à descendre quand nous abordons le nord de l’ile et nous offre une belle luminosité sur ses cotes très découpées.
Nous sommes arrivés.
19 H nous mouillons dans la Baie de Charlotteville.






































































